STEPHANE SANCHEZ

Written by anagram. Posted in PORTRAIT, TOULOUSE

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Published on juillet 27, 2010 with No Comments

Je choisirais une moustache façon mousquetaire…

Photographe Toulousain Stéphane Sanchez prône une démarche réfléchie où il ne laisse rien au hasard. Sans se donner de contrainte, il réalise des portraits où l’artifice -fou- est au centre de la composition. Quand il travaille , c’est jamais seul, il pense collectif, il travaille en équipe au service de ses modèles et de ses photos. Il parle de l’image comme on pourrait parler cuisine, ou peinture de Maitre. Il est venu nous raconter son histoire, son travail …

Comment as-tu fait pour arriver à la photographie ?

Adolescent, je suis tombé sur des photos de reportage, en noir et blanc, de grands photographes (dit humaniste), Ronis, Cartier-Bresson, Doisneau… et j’ai été séduit par la qualité du noir et blanc, le cadrage, les sujets traités, ce que racontais  ces images. A cette époque, je n’avais pas d’appareils mais je me nourrissais énormément de livres de photographes, de magazines, de revues techniques liés à cet art. Puis, un jour,  un parent m’a donné un appareil argentique et cela a été le début de mon apprentissage, autodidacte. Mes premiers clichés étaient des bâtiments, monuments, des gens, des détails urbains que je posais sur la « péloche » en me perdant dans la ville, de jour comme de nuit.

Quel est ton univers ?

Après avoir commencé dans la rue, je me suis dirigé vers le portrait en studio. Ce qui m’a intéressé dans ce style photographique c’est de pouvoir retranscrire une émotion, suggérer une personnalité et pourquoi pas raconter une histoire. Ensuite, j’ai voulu développer une approche plus esthétique dans le portrait, et c’est à l’occasion d’une invitation à participer à une expo durant « Jazz In Marciac » dans l’atelier d’un peintre que j’ai réalisé une série de portraits « Beauté/Make up ». Des images de modèles avec coiffure et maquillage exagérés mélangeant les formes, les couleurs et les textures en studio avec une technique High-Key. Donc mon style est essentiellement composé de portraits esthétiques. Pour les portraits « Beauté », je m’inspire de magazines  de Mode mais c’est plus un travail de création en collaboration avec la maquilleuse. Mais plus généralement, mes photographes de références sont Avedon, Newton, Demarchelier, Lindbergh…et bien d’autres.

Nous connaissons essentiellement ton travail pour le portrait mais il me semble que tu proposes d’autres travaux. Peux-tu nous en dire plus ?

Je fais également des photographies de Mode que ce soit en studio ou en extérieur en collaboration avec des créateurs-stylistes. J’ai commencé il y a peu de temps à m’initier à la photo de Nu dont je suis entrain de créer une série mixant mode et stylisme. Après, je travail avec des entreprises qui souhaitent avoir des visuels pour leur communication, notamment des clients dans la cosmétique, la décoration d’intérieur, l’univers culinaire… et également avec des artistes et comédiens.

Qu’est-ce qui te fait choisir une photo plutôt qu’une autre ?

Je fonctionne au coup de cœur, et je vois dés la prise de vu la photo que je vais choisir. En général, mon choix dépend du cadrage, des courbes, des lignes… des éléments graphiques mais également de l’attitude du modèle et de l’émotion transmise par son regard. Par contre, la lumière, sa couleur et sa direction, me permet de trancher si j’hésite entre plusieurs photos. Parfois, le traitement de la photo (couleurs) à la postproduction, peut être un moment de remise en cause sur ma sélection.

Es-tu professionnel ? Sous quel statut travailles-tu ?

Je n’aime pas trop ce terme de « professionnel » car à mon sens il peut y avoir de très bons amateurs et de mauvais professionnels. Je suis plutôt un passionné d’images et de photographies mais administrativement parlant, j’ai un statut d’Auteur-Photographe qui me permet de travailler avec des entreprises et des professionnels, à côté d’un métier que j’exerce à plein temps tout en conciliant mes deux activités.

Quel matériel utilises-tu pour tes prises ?

J’utilise actuellement un Canon 7D principalement avec des focales fixes telles que le 45 (Bascule/Décentrement), le 85 et le 135 mm. J’ai une préférence pour ce type de focale car elles sont de meilleur fabrication que les zooms, avec ces derniers tu tombes dans la facilité, le confort et t’évites de te déplacer ou de changer ton point de vu. Au départ, j’ai eu un Praktika (argentique), un Minolta Dynax 5 (argentique) et puis je suis passé au numérique avec le Canon 350D. Pour m’amuser et parce que le rendu des photos me plaît beaucoup j’ai un Holga (Lomographie). Côté lumière et studio, j’ai 2 torches flash Profoto Compact 600 avec une boîte à lumière, un bol beauté et un réflecteur.

Tu travailles actuellement exclusivement en numérique. Penses tu revenir à l’argentique?

Oui, je pense revenir à l’argentique car c’est une autre approche photographique. On n’a pas le retour immédiat de l’image, tu dois patienter et être plus précis dans l’exposition du film. J’aime cette attente entre la prise de vu et le développement/tirage, tu n’es pas sûr du résultat, tu es sous tension. Une autre raison de revenir à l’argentique est la qualité du Noir et Blanc, le grain que procure le film et aussi son flou et son imperfection que tu ne retrouves pas avec le numérique. Côté couleur, j’aime le traitement des couleurs du Polaroid si particulière (d’ailleurs son retour est annoncé) et également utiliser des « péloches » périmées transformant les couleurs et créer un univers onirique. L’argentique étant plus long au niveau du traitement, tu travailles avec plus de minutie et la photo devient un objet unique voire une véritable œuvre.

Quels sont tes projets à venir ?

Je souhaite finir la série « Beauté/Make up » car j’ai quelques idées que je veux réaliser. Ensuite, je prépare une série autour du NU-Mode qui va me prendre du temps à mettre en place où un travail d’équipe sera indispensable. Puis, j’aimerais retourner dans la rue pour faire de la « street photography », du reportage ou travailler des sujets comme le jazz, le flamenco…et bien d’autres encore car jusqu’ici mes photos étaient réfléchies et préméditées. J’ai envie de me confronter au hasard, de laisser faire la chance et les différentes rencontres pour me trouver au bon moment, au bon endroit. Une façon de photographier qui peut être à la fois jubilatoire quand on revient avec de bonnes images, et frustrante quand revient avec rien.

Pour finir, portes-tu la moustaches ?

Non je ne porte pas la moustache, mais à choisir et si je devais me faire pousser le poil, je choisirais une moustache façon mousquetaire.

Nous te remercions et sommes heureux de t’avoir reçu ici à La Moustacherie.

Son site : www.bazaar.book.fr


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