DEZZIG amoureux de la belle affiche

Written by anagram. Posted in IMPRIMERIE, LES TRUCS IMPORTANTS, PORTRAIT

Tagged: , , , , , , ,

dezzig

Published on octobre 04, 2011 with No Comments

Le poing en l’air en écoutant le titre « Power » des Pachanga Boys on vous présente aujourd’hui le travail d’un homme pour qui notre enthousiasme déborde sans limite. Quand rigueur s’associe avec gout, quand perfection vole avec grâce nous ne cacherons pas notre « amour » pour le travail de cette petite maison d’édition Bretonne. Nous avons découvert DEZZIG au coin du web et suivons son évolution depuis quelques temps. Stéphane le « boss » de la petite boite est un passionné sans compromis, la sérigraphie est pour lui un art de vivre où chaque chose à son importance. Inventeur et créatif il multiplie les collaborations avec graphistes et musiciens au service de la « belle  affiche ». Lors de notre Moustreet édition 2 nous vous faisions gagner 4 de ces affiches et les toulousains gagnants de ces 4 trophées nous ont encensé pour la qualité des affiches de chez DEZZIG. Nous parions sans aucuns doutes sur la réussite de ce projet. Moustachus amoureux des belles choses nous vous invitons à découvrir ce passionnant portrait de Stéphane (DEZZIG) pour qui nous vouons une curieuse attraction …

Bonjour Stéphane, Peux-tu nous présenter ton projet DEZZIG ?
C’est ma passion pour les sérigraphes américains et les grands affichistes qui m’ont poussé à créer Dezzig. C’est un projet que je mûris depuis quelques années déjà et qui vient de voir le jour au mois de mars 2011. Je suis exigeant… J’avais peur de me lancer et Il m’a fallu du temps pour trouver mon « univers » : vintage, élégant et accessible pour tous. Dezzig est donc une toute jeune maison d’édition en Bretagne qui ne propose que des affiches en édition limitée et imprimées en sérigraphies d’art. Juste l’envie de rapprocher design graphique et fabrication artisanale : ici pas de numérique ni aucune concession sur la qualité !

Avant Dezzig quel était ton univers professionnel ? As-tu une formation spéciale dans la sérigraphie, le graphisme ?
Je suis un pur self-made man ! J’ai un parcours chaotique entre la musique (je suis pianiste jazz, percussionniste et… guitariste à mes heures), l’écriture (je voulais être journaliste), la peinture et la photo (j’ai même encore un labo photo argentique chez moi). Il a fallu faire un choix, heureusement le métier de designer graphiste m’a permis de tout faire en même temps (ou presque), ça fait maintenant plus de 15 ans que j’exerce ce métier. J’ai commencé par le multimédia dans les années 90 à La Rochelle (j’ai même travaillé pour les CD-rom Atlas !). Maintenant je travaille en Bretagne, essentiellement dans le milieu culturel et institutionnel. Cette activité m’aide à financer ma maison d’édition. Mais j’ai toujours été proche des imprimeurs, puis des sérigraphes. C’est en travaillant auprès d’eux que j’ai beaucoup appris. Ma rencontre avec l’Atelier sérigraphique a été primordiale pour apprendre et découvrir le monde si particulier de la sérigraphie.

Comment sont produites tes affiches ?
Mes affiches sont imprimées à l’Atelier sérigraphique (dans le Morbihan) avec l’aide d’Hubert : un très bon sérigraphe d’art qui possède une fibre artistique. Nous passons ensemble une journée complète pour produire une série de 100 affiches. Je m’occupe aussi en amont de la préparation des fichiers et du suivi technique. Ça demande beaucoup de préparation et d’énergie car chaque affiche pose de nouveaux problèmes. On a l’avantage de travailler avec des encres UV, c’est à dire que les encres sont aussitôt « figées » sur le papier, pas de temps de séchage ou presque. J’essaie aussi de jouer avec les mélanges d’encre mattes et brillantes ainsi que les recouvrements ! On peut tout faire, c’est vraiment artisanal, les encres sont même composées une par une à la petite cuillère ! Mais même si je change régulièrement d’avis dès les premières feuilles de passe, je n’ai pas trop le droit à l’erreur, car on ne peut voir le rendu de l’affiche… qu’à la fin quand la dernière couleur est passée, soit 700 passages à la main rien que pour la dernière affiche « 49 swimming pools » !

Quelles sont tes influences pour la création de tes affiches? Où vas-tu trouver ton inspiration ?
Mes influences sont multiples. Elles vont de Saul Bass (mon maître absolu) à Jason Munn en passant par Paul Scher et Jon Sueda, essentiellement des graphistes américains. J’aime leur univers fait de simplicité et de poésie. Je suis aussi un grand fan des affiches sérigraphiées de Aesthetics Apparatus, DKNG et Shepard Fairey (Obey). J’ai mis quelques liens sur mon site. C’est sûr, je ne suis pas un graphiste street-art, ce qui me plaît ce sont les veilles affiches « réclame » des années 50, leur aspect désuet et le travail typographique. Donc je collectionne beaucoup les vieux bouquins, les manuels d’imprimerie, les journaux et revues des années 30 et toutes sortes d’objets.

Travailles-tu avec des graphistes extérieurs ?
Bien sûr, quand j’ai créé le projet Dezzig, c’était surtout pour travailler avec d’autres graphistes, ne pas être tout seul. Il y a souvent une humilité dans ce métier qu’on de trouve pas ailleurs. Les designers graphistes Eric Collet (Rennes) et Pascal Blua (Paris) m’ont proposés des visuels pour lesquels j’ai tout de suite craqué (!). Pascal a même assisté à l’impression complète de son affiche, on a partagé un bon moment. J’ai vraiment envie de collaborer avec d’autres graphistes professionnels, je respecte leur travail et mes contrats d’édition sont avantageux. Je fonctionne au coup de cœur comme n’importe quel éditeur (enfin je crois…) Je pense que dans les prochains mois, de jolis noms viendront compléter le club des « dezigners ».

Peux-tu nous parler de ton POSTER PANT ?
C’est une idée tellement simple ! J’étais persuadé qu’on y avait pensé avant moi… Et bien non. J’y ai travaillé il y a 1 an quand je cherchais un système pas cher pour accrocher mes affiches. J’ai donc acheté le fameux « Poster-hanger » de Jørgen Møller (désign de 1982) : quelle déception ! Les deux barres rondes en alu faisaient penser à un vieil écran de projection, difficile à faire tenir droit, et les taquets en plastiques n’arrivaient même pas à soutenir le poids de mes affiches.
L’idée d’un cintre rallongé est venu naturellement, une idée très DIY… Dans les première version, il était même question de garder le crochet du haut ! La partie la plus longue fut d’étudier différents système d’accrochage « invisibles », ça m’a pris du temps avant de trouver ce système de rail tout bête. Puis c’est Alain un ami artisan (menuisier) qui m’a fabriqué les premiers modèles avec cette découpe dans le bois. Les prototypes étaient en samba (un bois léger d’Afrique) et maintenant en hêtre blanc français. Depuis on travaille en tandem pour la fabrication de chaque modèle, ça reste encore très artisanal.
Depuis que j’ai déposé le modèle à l’INPI, je n’ai qu’une idée en tête : faire évoluer le produit (formats, couleurs et design des pinces…). Pour la petite histoire, le nom du produit « Poster-pant » est une double jeu de mot : une « affiche-pantalon » (pant) c’est l’appellation donnée aux affiches tout en longueur, « pant-hanger » c’est tout simplement… un cintre à pantalon !

Quel matériel utilises-tu (ou tu vas utiliser) ? Des conseils pour ceux et celles qui souhaiteraient se lancer dans la sérigraphie ?
Les meilleures tables de sérigraphies sont probablement les Kippax, mais j’ai opté pour une grande Tiflex « 1 main », une table manuelle dont la racle est « assistée » par un contrepoids. Pour commencer la sérigraphie, le mieux est de commencer sur un coin de table avec un petit châssis, mais on a vite envie de faire plus grand ! Le travail le plus contraignant est certainement la préparation des écrans : dégravage, insolation des films… Plus le format est grand, plus il faut être équipé. Je ferai prochainement des impressions en 50 x 70 avec des encres mattes à l’eau. Pour ceux qui habitent près de Rennes, l’atelier « La presse purée » organise des stages intensifs d’une journée, ça vaut vraiment la peine d’essayer.

Tu envisages quoi pour l’avenir de ta maison d’édition ?
Ouh là… plein de choses. En ce moment même, mon atelier est en construction !! Je vais enfin avoir de la place pour stocker et installer mon matériel de sérigraphie et peut-être de presse-typo. Je voudrais devenir un artisan à part entière et me consacrer à 100% à l’impression et à la création. Ensuite en ce qui concerne le design d’objets, j’ai d’autres projets en cours, notamment un nouveau support mural haut de gamme. La prochaine nouveauté sera ma collection de carnets avec couverture sérigraphiée et un petit coffret cadeau pour Noël. Pas de quoi m’ennuyer ! Mais le plus gros défis c’est de trouver mon public en essayant de proposer des prix accessibles pour tous.

Ton « walkman » transporte quelle musique ?
En ce moment j’écoute en boucle le dernier opus des « 49 Swimming Pools » (forcément !) mais aussi « Drugstore », « The Black Keys », « Syd Matters » et « Herman Dune ». Je suis un peu « old school », j’écoute souvent tout ça en vinyl : un vrai plaisir de revenir à l’objet disque et une qualité sonore au top.

Portes- tu la moustache?
La barbe pousse plus vite que le reste ! Mais la moustache, c’est vraiment plus rock’n roll !


No Comments

There are currently No Comments on DEZZIG amoureux de la belle affiche. Perhaps you would like to add one of your own?

Trackbacks & Pingbacks

  1. Nouvelle affiche chez DEZZIG | LA MOUSTACHERIE

Leave a Comment